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Expo de Ruta JUSIONYTE et Catherine SEHER à Honfleur du 3 Septembre au 9 octobre 2016

Préparez votre programmation automnale avec cette exposition de 2 artistes habituées à exposer ensemble : Ruta Jusionyte (sculpture) et Catherine Seher (peinture). Les deux artistes livreront des oeuvres aux émotions fortes et singulières à la galerie du quai Saint Etienne du 03 septembre au 09 octobre 2016.

GALERIE DANIELLE BOURDETTE-GORZKOWSKI
5 Quai Saint Etienne
14600 Honfleur
02.31.89.19.13 – 06.11.54.54.79

http://www.galeriedaniellebourdette. com

Horaires d’ouverture :
Semaine : 10h-12h30 / 14h30-19h
Dimanches et feriés : 11h-13h / 15h-19h

Pour en savoir plus sur la démarche des artistes :

Ruta Jusionyte :

RUTA-JUSIONYTE-fille

A Paris depuis 2001, Ruta Jusionyte, artiste lituanienne, installe son atelier à Montreuil, dans un ancien garage abritant une douzaine d’artistes. Cette nouvelle vie est pour elle plus qu’un déracinement, c’est une renaissance, clef de son affranchissement. Elle se confronte au monde, où elle trouve la force nécessaire à son art. Son talent  tend alors vers une certaine maturité.

« En fait, je n’ai pas un geste spontané dans mon travail. Tout est contrôlé et je me situe mieux comme ça. Je peux laisser échapper d’autres choses en évitant le geste déchirant et impulsif. Je n’ai pas de violence, je n’en ai pas besoin, mais j’ai des angoisses, des peurs intenses dans ce travail du corps. »  Ruta  sculpte les corps de ses personnages en modelant à partir de petits morceaux de terre assemblés. Ils gardent ensuite l’empreinte du geste de l’artiste, et conservent les marques de superposition des plaques de terre comme des cicatrices, et parfois aussi des trous, comme des blessures. L’artiste termine ses personnages toujours par les yeux, «  le regard c’est un point final, tout autant qu’une ouverture » dit-elle. Leur regard profond, mélancolique mais à la fois fixe et puissant, inquisiteur, transperce le spectateur, tendu vers l’horizon,  il semble franchir l’espace, jusqu’à se perdre.  De la nudité de ces corps, presqu’enfantine, se dégage une grande émotion. Certaines œuvres de Ruta touchent au plus intime et nous renvoient au coeur de notre sensibilité. L’enfant  petit et fragile apparaît de façon récurrente dans l’œuvre de l’artiste : dans les bras ou sur les genoux d’un père ou d’une mère, cette présence qui marque l’iconographie  du moyen-âge. Les animaux aussi, ici un lapin, là un âne, un loup, sont omniprésents et toujours dans un rapport intime avec  l’homme ou la femme.

La source d’inspiration de Ruta Jusionyte, c’est son pays. Née en Lituanie, en 1978, dans une famille de peintres et de sculpteurs, Ruta Jusionyte s’est formée à l’école des Beaux-Arts de Klaïpeda sa ville natale et de Vilnius, « La culture de la Lituanie a été détruite pendant l’occupation russe, de même le savoir-vivre. Cinquante ans d’occupation et de privations, ça compte. A la libération, on s’est aperçu qu’on était des sauvages sans le minimum de culture pour vivre au quotidien. Mais moi, je sentais une culture profonde, enfouie, une culture souterraine. Quelques artistes lituaniens ont compris cela et n’ont pas peur du ridicule ni de l’absurde et de la crise, comme ils n’avaient pas peur d’attaquer l’envahisseur russe par la métaphore et les messages de leur art.  Exprimer, c’est aussi laisser émerger ce monde de la métaphore, un monde archaïque en moi … mon seul héritage, c’est ma culture lituanienne qu’il m’est nécessaire d’exprimer ; et mon outil d’expression, c’est la métaphore qui détourne les situations pour arriver au but. » Ruta nous fait savoir ce qui l’anime : c’est cet héritage qu’elle nous transmet à travers son inspiration.

Catherine Seher :

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« Je commence toujours par des jus plutôt informels. De ces gestes, de ces signes naissent des formes qui peuvent devenir des personnages. Ils surgissent puis disparaissent, je les détruis, d’autres arrivent. Tout cela se met en place lentement. Je ne dessine jamais une toile avant de commencer. Je travaille d’instinct. C’est plutôt la composition qui guide mes pas. Tout cela est complètement aléatoire »

La peinture toute en délicatesse de Catherine Seher ne laisse personne indifférent, et mobilisent chez le spectateur des émotions fortes, singulières ou chaotiques, avec des personnages s’inscrivant de façon évanescente dans un paysage où disparaissent les bornes et les repères. Les silhouettes anonymes, nous livrent la vision d’un monde démantelé mais pourvoyeur de sens. Nous sommes introduits dans un univers de pensées suggérées. Le spectateur est ainsi interrogé puis concerné par ces images évoquant des expressions spontanées, presque magiques. On y retrouve la force des premiers gestes, les formes les plus intimes.